3 raisons pour que les menuisiers retrouvent le sourire en 2017

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La menuiserie – aluminium, bois ou PVC – semble enfin sortir durablement de la crise.

C’est l’ensemble du secteur du bâtiment qui était plongé dans le marasme depuis 2008, avec des baisses d’activité continues dans la construction neuve, et aucun décollage dans le secteur de la rénovation. La combinaison de plusieurs mesures a permis d’infléchir la tendance fin 2015 et de dégager l’horizon au moins jusqu’en 2018 ; de quoi redonner le sourire à toute la profession de menuisier.

 

Raison n°1 : la construction neuve repart

Du côté de la construction neuve, les chiffres sont dopés par le maintien des taux d’intérêt faibles, malgré un accès au crédit maintenu sous surveillance active des banques. Alors qu’en 2014, la construction neuve ne représentait plus qu’1/3 du marché de la fenêtre, la conjoncture repart à la hausse, notamment avec une envolée du nombre de permis de construire depuis l’été 2016.

On peine toutefois à retrouver les niveaux connus en 2011-2012 – les lois Duflot étant passées par là et ayant cassé le dynamisme du marché de la construction neuve.

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Cela reste inégalement réparti sur le territoire avec une hausse des constructions dans l’ouest et le sud, et des baisses dans le nord-est et le centre. Tout ceci concorde avec l’activité économique générale, et la baisse des investissements des collectivités locales suite à la diminution drastique de leurs financements depuis 2014 n’y est pas étrangère.

 

Raison n°2 : la transition énergétique a enfin un impact réel sur les installations de fenêtres

La rénovation booste le marché de la fenêtre

La rénovation reste le débouché n°1 du marché de la fenêtre, grâce aux exigences de rénovation thermique, mais également pour 2017 et au maintien des incitations aux économies d’énergie (crédits d’impôts…). La Loi sur la Transition Energétique commence à porter ses fruits malgré des prix du pétrole (et donc du gaz, qui lui est indexé) trop bas pour être incitatifs. La profession table sur une prochaine remontée des prix pour renforcer les besoins d’isolation dans l’ancien et passer à des produits toujours plus performants.

Les fenêtres en PVC et aluminium en croissance
En 2016, le marché de la fenêtre a ainsi atteint les 3% de croissance avec plus de 9,3 millions d’unités vendues. On constate une stabilité des ventes sur le PVC, et une constante progression de l’aluminium au détriment du bois dont le nombre a été divisé par deux en 15 ans. Résultat, l’emploi dans le bâtiment repart à la hausse avec des intentions d’embauche affichées par les entreprises.

 

Raison n°3 : une montée en gamme de la fenêtre française

Malgré l’exigence de normes environnementales toujours plus exigeantes et performantes, les entreprises françaises de menuiserie ont été fortement chahutées par les importations. Une menace prise très au sérieux au vu de l’impact sur les chiffres d’affaires : la part des importations avait quasiment doublé entre 2010 et 2015. L’entrée de gamme est bousculée également par la vente en ligne de produits standardisés, peu qualitatifs, et les grandes surfaces de bricolage qui mettent à profit leur présence sur le territoire pour inonder le marché de produits d’entrée de gamme. Cette concurrence de fabricants, essentiellement européenne, porte sur des produits à bas coûts en provenance d’Allemagne, de Pologne ou encore de Roumanie.

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La part des importations avait quasiment doublé entre 2010 et 2015

Ces problématiques rendent indispensables les économies d’échelle, favorisant des entreprises de taille moyenne spécialisées dans la fourniture et la pose de fenêtre, et pénalisant les artisans menuisiers. Ceux-ci devront également faire face à la montée en puissance des micro entreprises (ex- auto-entrepreneurs), dont le plafond d’exonération de TVA devrait être doublé d’ici fin 2017, alors que les artisans se voient toujours appliquer un taux monté à 10%. A moins que le projet de passerelle entre les deux statuts ne soit appliqué et leur permette de bénéficier à leur tour de ces exonérations.
La France reste en déficit d’entreprises de taille moyenne (autour de 200 salariés). Les seuils sociaux, la difficulté des financements rendent les investissements et la croissance des entreprises de taille moyenne plus difficile. Cependant, on notera que certains fabricants français ont investi dans des usines, pour pénétrer le haut de gamme et la fenêtre sur-mesure. Innovation, domotique, nos entreprises françaises de la fenêtre ne manquent ni d’idées, ni d’ouverture !